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Perles de Tahiti – les lagons du bout du monde

La Polynésie française compte 118 îles et atolls.

Les huîtres perlières à lèvres noires, Pinctada Margaritifera variante cumingi, se sont adaptées au fil des siècles dans certaines îles du Pacifique sud, qui correspondent aujourd’hui à la Polynésie française et au nord des îles Cook. Mais c’est principalement dans les lagons de certains atolls des Tuamotu, jusqu’à l’archipel des Gambier et les célèbres gisements d’huîtres perlières de Mangareva, que s’est construite l’aventure de la perle de Tahiti.

La Polynésie française compte 118 îles et atolls. En 2011, seules les îles hautes de Huahine à l’ouest (Îles-sous-le-Vent) et Mangareva au sud-est (Gambier) abritent encore des fermes perlières. Et sur les 77 îles basses des Tuamotu – la plus haute, l’atoll soulevé de Makatea, culmine à 111 m –, 31 atolls sont concernés par une activité perlicole.

William Ellis écrivait encore, dans les années 1820 (Polynesian researches), à propos des Tuamotu :

« La tranquillité de la surface de l’eau d’un bleu éclatant à l’intérieur du lagon, la rive tout autour recouverte de corail blanc et de sable, le feuillage sombre des hauts arbres qui la protègent et qui se réfléchissent souvent dans la surface de l’eau, donnent à l’intérieur de ces îles basses un aspect de beauté et de solitude particulières que présentent rarement les autres terres plus escarpées et romantiques. Ces îles avaient reçu des noms différents : certains les avaient appelées le Labyrinthe, d’autres les îles de Perles, à cause des perles que l’on y trouvait. »

C’est donc sur ces minces bandes de terre, « des îles de la matière dont sont faits les songes », comme l’avait si bien soupiré la plume de Robert Louis Stevenson, que s’écrit principalement l’histoire de la perle de Tahiti.

Des conditions de rêve… fragiles

Ces lagons des Tuamotu-Gambier sont donc principalement le berceau de l’huître perlière Pinctada Margaritifera var. cumingi. Si l’île de Huahine a conservé, depuis les descriptions de Bougainville et d’Andrew Garrett, célèbre conchyliologiste *, sa réputation d’île des plus belles perles fines, tous ces atolls ont acquis, au fil des ans, malgré des caractéristiques communes, leur propre célébrité. Ainsi Takapoto est-il devenu le réservoir aux nacres, Manihi le berceau des premiers élevages, Hikueru, celui des plus belles nacres et de la première greffe, Marutea sud, avec ses perles dorées, sa réputation d’île de l’or liquide ; et tant d’autres atolls, baignés par l’océan sauvage, haltes inespérées dans un monde hostile, aspirations au repos et à la méditation, abritent le long de leurs blocs coralliens ou de leurs hauts-fonds chatoyants mille et mille huîtres perlières. Toutes y ont élu domicile pour une raison simple : ces lagons forment, chacun avec son caractère, un biotope adapté à cette espèce de bivalve producteur de perles. Or, les populations naturelles d’huîtres perlières, dispersées sur les trois archipels de la Société, des Tuamotu et des Gambier (de Scilly à Mangareva), forment un groupe bien apparenté, avec des exigences non négociables.

La conchyliologie est la branche de l’histoire naturelle consacrée à l’étude des mollusques à coquille.

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