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La ferme perlière 1

La ferme perlière

Un ponton, interminable, filant droit ou parfois sillonnant entre les patates de corail qui affleurent, surplombe l’eau translucide comme s’il y flottait. Au bout, une cahute de bois et de tôle, entourée d’une plateforme, a la forme d’un simple « fare » d’habitation.

Pourquoi donc s’installer sur le lagon et vivre au bout d’un ponton ? Il ne s’agit pas de vie, mais de travail. Car c’est ainsi que se présentent les fermes perlières de l’archipel des Tuamotu. Imaginiez-vous de vastes usines, posées sur les atolls, loin des stations d’élevage des huîtres perlières ? C’est mal connaître les Paumotu, qui, au pays de la houle et des cyclones, se contentent d’une construction sommaire mais pratique.

Les îles basses des Tuamotu, une trentaine d’entre elles pour être exact, sont les atolls des perles, une fascination qui date du 17e siècle et que Jean-Marie Domard, vétérinaire employé aux Affaires de la pêche et de la nacre, a ressuscité dans la seconde moitié du 20e siècle. Depuis 1801 en effet, les huîtres perlières étaient recherchées par les commerçants européens pour la qualité de leur nacre et aussi, mais plus rarement, pour les perles fines qu’elles pouvaient renfermer. Or, entre 1914 et 1916, les Japonais Kokichi Mikimoto, Tatsuhei Mise et Tokichi Nishikawa déposèrent le brevet d’une greffe réussie des huîtres de la Mer du Japon afin d’obtenir une perle de culture. Le même rêve anima Jean-Marie Domard en Polynésie : il le concrétisa à force d’acharnement en août 1961 avec l’aide du greffeur Churoku Muroi.

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