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Perle fine de Tahiti, des orgines à 1960

Chronologie de la perle fine de Tahiti

Chronologie de la perle fine de Tahiti, des origines à 1960

700 av J.-C. : peuplement des îles de Polynésie orientales appelées par Cook en 1769 îles de la Société.

500 après J.C : fin du peuplement de la Polynésie orientale et septentrionale (Marquises, Gambier, Pâques, Hawaii)

1000 à 1500 après J.C : Peuplement des îles Tuamotu

1250 : dernière migration polynésienne en Nouvelle-Zélande, mémorisée par la Tradition.

Avant le XVIe siècle : avant l’arrivée des Européens, la nacre ou la perle (trop rare) ne servent pas de monnaie mais de valeur d’échange et de cadeau diplomatique. La nacre servait à orner certaines parures liturgiques ou guerrière, à confectionner des bijoux mais aussi outils tranchants ainsi que des leurres pour la pêche.

1521, 24 janvier : (Tuamoto) le navigateur et explorateur portugais Fernão de Magalhães, connu sous le nom de Magellan, aurait découvert Pukapuka, dans le sous-groupe des « Îles du Désappointement » à l’extrémité Nord-Est de l’archipel.

1526, août (?) : (Tuamotu) A Amanu, naufrage de la caravelle espagnole San Lesmes.

1595, 21 juillet : (Marquises) Alvaro de Mendaña y Neira découvre fortuitement les îles Marquises (qu’il pensait être les îles Salomon). Débarquement en baie de Vaitahu, sur l’île de Tahuata. Nulle mention de nacres ou de perles.

1606 : (Tuamotu) débarquement à Hao du navigateur espagnol Quiros (développer selon son Journal – mentions de nacres).

1616 : (Tuamotu) les explorateurs et navigateurs néerlandais Jacob Le Maire et Willem Cornelisz Schouten arrivent dans les atolls de PukaPuka, Takaroa, Manihi (alors déserte) et Rangiroa. Ils sont attaqués par les frondes des Paumotu. Mentions de nacres et de perles

1722 : (Île de Pâques) l’explorateur néerlandais Jacob Roggeveen découvre la célèbre île des moai – où il note que les indigènes portent des pendentifs de nacre et des « disques d’argent dans les oreilles ».

1722, 6 avril : (Tuamotu) il découvre un archipel où il perd un de ses navires, l’Africaansche Galey, sur une des îles de ce groupe, sans doute Takapoto, archipel qu’il baptisa pour ce motif Mischievous (désastreux) : les Tuamotu. Roggeveen avait prévenu ses hommes de « bien regarder ce que les insulaires portent comme bijoux, car ceci est la manière la plus simple et la plus rapide de s’assurer s’il existe de l’or, des pierres précieuses, ou des perles dans l’île. »

Le caporal allemand Karl Friedrich Behrens, membre de l’expédition, tint dans son journal à propos de l’échouage du navire sur le récif corallien et de sa découverte de l’atoll : « Nous y trouvâmes aussi beaucoup de moules, de nacres, de perles et d’huîtres perlières, de sorte qu’il y a beaucoup d’apparence qu’on pourrait y établir une pêcherie de perles très avantageuse, d’autant que nous trouvâmes aussi des perles dans quelques huîtres que les habitants avaient arrachées des roches. »

1764, juin : (Tuamotu) l’expédition de l’officier de marine et navigateur britannique John Byron découvre à l’extrémité sud de l’archipel, les atolls de Napuka et Tepoto (joliment nommées Îles du Désappointement).

1769, juin : (Polynésie) le capitaine anglais James Cook, lors de son premier voyage, rédigea quelques sommaires descriptions à propos des nacres et des perles. Bougainville en avait également rédigé l’année précédente. Banks ramène des gravures sur lesquelles les femmes tahitiennes des îles-sous-le-vent sont représentées, avec, en commentaire : « Elles portent toutes des fleurs ou des perles dans un trou percé dans le lobe de l’oreille, leurs cheveux sont coupés courts et sans ornements ; sauf pour des occasions spéciales où elles portent une sorte de turban fait de fils de cheveux tressés ensemble. »

1774, 27 novembre : (Tahiti) installation de deux missionnaires espagnols en compagnie de l’interprète Maximo Rodriguez, à Tautira (Tahiti Iti). Rodriguez est en quête de perles tout au long de son séjour. Rodriguez renseigne sur les habitudes vestimentaires et les parures ornementales des Tahitiens. Il décrit notamment une boucle d’oreille, sorte de poche en filet de cheveux, ou «porte-perles». Il est certain que les Tahitiens, avant les Européens, ne devaient pas avoir d’outils assez fins et durs pour percer les perles…

1796 : 30 perles noires (de Tahiti ?) composent (en totalité, en partie ?) le collier de Catherine II de Russie, surnommée Catherine la Grande. La perle noire était alors déjà renommée pour sa valeur, due notamment à sa rareté et à son utilisation pour les parures impériales ou royales, ce qui la fit qualifier de « Perle des Reines » et de « Reine des Perles ».

La plus connue de ces perles fines était la fameuse perle noire « Azra », qui constitue le centre d’un collier qui faisait partie des joyaux de la couronne de la Russie tsariste.

1802 : (Polynésie) John Turnbull, second et historien du capitaine John Buyers sur le brick Margaret, est envoyé à la recherche de perles dans l’archipel des Tuamotu. Il arriva à Nukutepipi (île Margaret) le 6 mars 1803. Le 10 mars, il fut le premier Européen à identifier Makemo, qu’il nomma Île Phillips, puis Taenga (île Holts). Il procéda à un début d’exploitation nacrière et est considéré comme le premier à l’avoir fait. Il revint à Tahiti avec une large cargaison de sel de Hawaii et s’installa comme revendeur de porc salé à Matavai.

1811-1814 : (Australie) les premières cargaisons de nacres des Tuamotu et de perles parviennent à Sydney.

1820 : (Îles Gambier) le père Honoré Laval, missionnaire français et évangélisateur des îles Gambier y signale l’existence de la plongée dédiée à la nacre . Des cartes recensant les meilleurs endroits de plonge sont rédigées (ont-elles été conservées ?)

1824 (après) : le commerce des nacres devient régulier. Dès 1825, une partie de ce commerce prend la route de Valparaiso. En échange des nacres et des perles, les trafiquants roulent les indigènes en leur échangeant des étoffes, des denrées alimentaires, de l’alcool. Le rapport de valeur est de 100 contre 1 en moyenne.

1825 : (Tahiti) le commerce de nacres commence à apparaître dans les relevés statistiques du Port de Papeete.

1827 : (Tuamotu) le Belge Mörenhout est le premier Européen à exploiter les ressources perlières. La reine Pomare lui demanda une somme colossale pour faire travailler les Paumotu. Il passa outre. Son aventure fut un échec.

1827-1877 : (Tahiti, Moorea et leurs dépendances) Règne de la reine Pomare IV dite Pomaré la Grande : ses perles sont les plus célèbres gemmes polynésiennes naturelles connues. Avant le milieu du 19e siècle, les perles de la Pinctada Margaritifera Cumingi, fort bien identifiées grâce aux tonalités gris-noir de la nacre, étaient les seules perles noires connues, à l’exception des perles du Golfe de Californie. Certains affirment qu’elle en possédait de si grosses qu’elle ne pouvait s’en servir que comme des jouets. (ICONO Muséo)

1830 (depuis) : (Tuamotu) plusieurs expéditions, organisées à partir de Valparaiso, explorent les riches gisements perliers de l’archipel pendant près de deux décennies.

1830 : (Îles Gambier) Moerenhout s’inquiète pour les Mangaréviens : « Ils possèdent toujours les noix de coco et le poissons, et avant que leurs bancs d’huîtres ne fussent détruits ils avaient un moyen de subsistance aussi sûr que facile à trouver, mais aujourd’hui ce coquillage est devenu plus rare dans leur parage ou ne s’y trouve plus qu’à de grandes profondeurs, ils devront nécessairement se livrer davantage à la culture des terres sous peine d’éprouver de sérieuses disettes. »

1836 : (Îles Gambier) le capitaine Jacquinot, commandant de la Zélée, un des navires de l’expédition Dumont d’Urville, visite Mangareva et rapporte : « Les capitaines qui fréquentent ce groupe [d’îles] dans le but d’acheter des perles, accordent aux missionnaires d’avoir fait beaucoup de bien aux habitants […] Mais aussi, en véritables négociants qui ne considèrent que leurs intérêts, ils les accusent d’avoir gâté le commerce et d’avoir renversé leur spéculations. Avant leur arrivée, disent-ils, nous avions une assez belle perle pour un couteau, un collier ou un hameçon et aujourd’hui pour le même article, nous sommes obligés de donner 20 ou 30 brasses (une brasse =1,624 m) d’indienne (tissu peint ou imprimé fabriqué en Europe). A cela on leur répond : pourquoi revenez-vous ? […] Vos gains sont encore immenses, et seulement vous êtes fâchés qu’on ait appris à ces naturels à se couvrir et à apprécier la valeur de la marchandise. Du reste, ce qui contribue le plus à renchérir les perles, c’est la concurrence de ces mêmes capitaines qui, pour accaparer, poussent souvent les enchères un peu haut… »

1838 : (Polynésie) 100 000 francs de nacre et perles sont exportés cette année-là.

1844 : des expériences de culture en employant l’huître indigène (p. m. cumingi) sont effectuées (par qui ?).

1845, 1er mai (à partir de) : (Tuamotu) Benjamin Franklin Grouard, un des responsables missionnaire mormons installé à Anaa fit prendre à la pêche aux perles son essor. On rapporte qu’il acquit une véritable fortune.

1850 (vers) : (France) L’impératrice Eugénie (1826-1920), épouse de Napoléon III (règne de 1851 à 1870) aimait trois gemmes par dessus-tout : les diamants, les émeraudes, et les perles noires. Grâce à elle, les perles noires acquirent en Europe leurs lettres de noblesse.

1850 (vers) : (Polynésie) les meilleurs fonds, les meilleurs gisements sont connus, répertoriés et exploités avec toutes les techniques possibles disponibles à l’époque. Le commerce s’organise avec l’Australie et l’Amérique latine : les trafiquants forment les plongeurs locaux.

1860 (depuis) : (Tuamotu–Gambier) les pêcheries à grande échelle se sont développées, surtout en raison de la beauté et de la pureté de la nacre, parce que les perles sont extrêmement rares : il faut ouvrir entre 15 000 et 20 000 nacres pour trouver une perle !

1860 (vers) : (Îles Gambier) à Mangareva, la mission catholique chasse les trafiquants en goélette exploitant les pêcheurs locaux et prend le relais de l’organisation des pêches de nacre…

1863 : le lieutenant de vaisseau français Edmond de Bovis (1818-1870) souligne la nécessité d’établir des régulations pour la pêche.

1870 (vers) : arrivée du scaphandre, refusé par tous les plongeurs locaux.

Les scaphandres pieds lourds qu’Augustus Siebe conçut d’abord avec les frères John et Charles Deane (1830) et ensuite avec son beau-fils Gorman (1837) firent partie des nombreux perfectionnements réussis de l’invention de Fréminet, mais la forme actuelle de scaphandre à casque fut essentiellement achevée avec le scaphandre qui fit gagner la médaille d’argent à Joseph-Martin Cabirol lors de l’exposition universelle de 1855. Le scaphandre de Siebe de 1830 laissait encore la partie inférieure du corps du plongeur au contact de l’eau mais son modèle de 1837 était constitué d’une toile caoutchoutée souple et étanche qui recouvrait entièrement le corps du scaphandrier, en l’isolant plus efficacement de l’eau et du froid.

Chez le scaphandre de Cabirol l’air pompé de la surface gonflait la combinaison jusqu’à ce que le scaphandrier croie opportun d’actionner une valve d’échappement d’air située sur son propre casque. Cette valve incluait une soupape de non-retour qui empêchait l’eau environnante de pénétrer à l’intérieur du casque et de la combinaison.

Même si de nouvelles technologies arrivèrent par la suite, comme les recycleurs d’air, les plongées aux mélanges ou les scaphandres rigides, le scaphandre de type Cabirol représenta l’équipement standard de plongée jusqu’au milieu du XXe siècle.

1880 (29 juin) : (Tahiti) Pomare V cède ses Etats à la France le 29 juin.

1880 : (Tahiti) un rapport du gouvernement français estime que 15 000 tonnes de nacres ont été recueillies depuis 1830.

1880 : (Tuamotu-Gambier) les premiers signes d’épuisement des bancs perliers se font sentir. Les plongeurs sont nomades, et écument pour le compte des trafiquants tous les gisements connus. Depuis quelques années, ils ont renoncé aux pirogues doubles pour des cotres européens ou des pirogues à balancier de taille plus modeste. Exploration des fonds avec une boîte en bois avec fond en verre, ou bien répandent à la surface, par mer

relativement calme, de l’huile de coco pour amoindrir les rides de surfaces et bien observer les fonds. Faire une fiche Le plongeur paumotu. (cf. Salomon page 51 et 56)

1883 : (Tahiti) le ministre français de la Marine et des colonies demande une recherche sur la condition des bancs et la façon de les améliorer. Le naturaliste Germain Bouchon-Brandely (1847-1893) est chargé de cette enquête.

1884 : Bouchon-Brandely tente d’obtenir une perle noire en introduisant dans l’huître une boule maintenue par un fil de cuivre. Il réussit à obtenir une fine couche de matière perlière mais la perle fut de mauvaise qualité.

1885 : Bouchon-Brandely, dans son rapport, préconise une stricte réglementation de la saison de pêche des nacres et perles, car un rapide épuisement des gisements a été constaté. Cette prise de conscience rapide a permis d’éviter que la surexploitation ne soit irréversible. Ainsi les Tuamotu sont-elles la seule région du monde où l’activité de la pêche des nacres et perles n’a jamais été interrompue.

Extrait de son rapport : en 1885, il est chargé d’étudier à Tahiti la pêche des huîtres perlières. Dans son rapport au Ministre de la Marine et des colonies de 1885, qui concernait plus spécifiquement les pêcheries de l’Archipel des Tuamotu, on peut notamment lire ce passage : « …ces dernières années, la nacre noire de Tahiti était préférée à la nacre blanche… Vraiment belle par elle-même, la nacre de Tahiti est dure, homogène, transparente irisée et foncée sur les bords; la lumière en fait jaillir de véritables feux où se combinent toutes les couleurs du prisme, et ces éclatants reflets se marient dans une chatoyante et délicieuse harmonie ». Il réussit ensuite à produire les premières perles de culture de Polynésie française, par percement des coquilles et insertion d’un nucleus sous le manteau de l’huître. Il écrivit un Traité de pisciculture pratique et d’aquiculture en France et dans les pays voisins resté fameux. (1878 – 468 pages)

1885, 24 janvier : un décret interdit le ramassage des huîtres de moins de 17 cm de diamètre ou d’un poids inférieur à 200 g pour chaque valve.

1885, juillet : Simon Grand (1837-1901), ostréiculteur à Arcachon, arrive en Polynésie avec son épouse Marie Mathilde VACHON (1839-1925) et leurs trois enfants, Marc, Marthe et Henri, à la demande du Gouvernement des EFO, afin d’étudier le repeuplement ostréicole des lagons. Il débute ses recherches dans la rade de Papeete.

1887 : Simon Grand est envoyé en tant qu’agent spécial du gouvernement à Rikitea (Gambiers) afin de poursuivre ses recherches. Ses recherches furent décevantes, et il regagna la France en 1892.

1890 : la restriction de pêche liée au décret de 1885 est levée, ce qui prouve que les mesures tentant d’éviter la surexploitation ne sont pas définitives…

1892 : (Tuamotu) le scaphandre est interdit dans l’archipel, alors que son emploi avait été restreint à partir de 1890, afin que les plongeurs ne perdent pas totalement leur moyen de subsistance.

1900 (vers) : (Îles Gambier) le capitaine Wilmot, négociant de Marutea sud, , se livra à des expériences sur la perliculture avec succès : il avait tendu un filet à grosses mailles, en corde de cocotier, entre deux roches, lesté dans le bas par des pierres. Au bout de 8 mois, de jeunes nacres s’étaient accrochées dans les mailles. Au bout de 14 mois, elles avaient 10 cm de diamètre, puis… puis le filet fut volé, et Wilmot, découragé, abandonna.

1901 (vers) : (Angleterre) un rapport établi à Londres (publié dans The book of pearl) signale que, chaque saison, 450 tonnes de nacre sont pêchées dans les Tuamotu et 4000 personnes (pêcheurs, artisans, marins…) dépendent de cette industrie.

1902 : des tailles minimales de ramassage et des réserves temporaires ou fixes sont établies : après 2 siècles de pêche, il était temps.

1903 : (Tuamotu) un terrible cyclone ravage l’archipel. L’atoll d’Hikueru est dévasté : Jack London dans son roman Contes des mers du sud relate une description vivante de cet ouragan. 377 habitants trouvèrent la mort en raison de ce cyclone dans les Tuamotu, dont 261 à Hao. Les gisements perliers sont ravagés.

1904 : un arrêt établit une période de repos du 1er octobre au 1er février, mois qui correspond à la période de ponte. En tenant compte des observations de Seurat, le législateur veille à une exploitation prudente des richesses nacrières en tenant compte des divers intérêts (population, industrie perlière), dont celui de la conservation des fonds. Chaque lagon ou partie de lagon, dès 1904, est livré à la pêche tous les trois ans, et la campagne de pêche ne peut durer que 4 mois.

1904 : la récolte au scaphandre est à nouveau autorisée, par arrêté annuel, et seulement dans certains lagons. La taille légale de pêche varie alors de 8 à 13 cm selon les années et les îles.

1906 : importation des premières lunettes de plongée, qui facilitent grandement le travail des plongeurs paumotu. (AV -lunettes en bois à lentilles de verre)

1906 : (Tuamotu) le cyclone modifie les biotopes des lagons. Takume, lagon secondaire de production d’huîtres perlières, devient un lagon de premier plan, en raison du nombre d’arbres dispersés dans les lagons, où ils servent de collecteurs de larves d’huîtres.

1916-1935 : (Tuamotu) à Apataki, monsieur François Hervé, administrateur de l’archipel, entreprit avec succès la culture de naissains. Il abandonna, car son projet n’intéressa alors personne : les gisements n’étaient pas alors tous menacés ou en phase d’extinction.

1940 (vers) : apparition des accessoires en caoutchouc, tels que masques, palmes et tubas, qui augmentent l’aisance, la mobilité et la visibilité sous l’eau (lunettes Fernez, palmes de Corlieu).

1950 (vers) : les mesures restrictives prises en 1904 n’ont pas suffi. Le gouverneur des Etablissements français d’Océanie demande au biologiste Gilbert Ranson d’étudier l’huître perlière en vue d’établir une nouvelle réglementation des pêcheries.

Ranson constata que : « 35 lagons anciennement prospères ont une production nulle ou insignifiante ; 8 ont encore une production appréciable, et 6 seulement sont assez riches […] L’évolution des lagons résulte de l’activité désordonnée des hommes qui les ont exploités et de l’action conjuguée de phénomènes naturels. Il faut mettre un terme à la première et résoudre les difficultés qui proviennent de la seconde. »

Il suggéra de développer des conditions favorables à la reproduction des huîtres, notamment en ne pêchant que d’avril à juillet dans les Tuamotu (du 1er janvier au 30 avril dans les Gambier, et dans toutes les îles au sud de 20°S, en raison de la fraîcheur de l’eau), tandis que les huîtres répandent leurs gamètes d’octobre à février ; créer des zones de réserve dans chaque lagon (à l’image de Kokishi Mikimoto et de sa ferme perlière), avec 100 000 à 500 000 huîtres adultes afin d’assurer leur reproduction : une sorte de stock reproductif, qu’il établit à Hikueru et à Takume, afin de montrer comment elles devaient être réalisées.

1953 : (Tuamotu) la nouvelle richesse des éleveurs est la récolte des naissains, les premières larves sont récoltées, notamment à Takapoto.

1955 : (Tuamotu) des réserves surveillées sont créées dans tous les lagons reproducteurs de Polynésie.

1957 : (Tahiti) Le Service de la Pêche, rattaché au Ministère de l’agriculture, entreprend d’appliquer la réglementation définie selon les recommandations de Gilbert Ranson. Monsieur Jean-Marie Domard préconise que les pêcheurs réimmergent, dans des endroits choisis et protégés, les nacres de taille insuffisante.

1959 : chaque lagon ou partie de lagon est désormais livré à la pêche tous les quatre ans (cette autorisation était de trois ans en 1904).

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