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Portrait de Jean-Marie Domard

A l’origine de la perle de culture de Tahiti

Jean-Marie Domard est né le 14 novembre 1927 à Marengo en Algérie, où sa famille, à la tête d’un important domaine viticole et fruitier était installée depuis cinq générations.

De 1947 à 1952, il poursuit avec succès des études vétérinaires à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maison-Alfort d’où il sort docteur vétérinaire.

Une fois son service militaire achevé, il retourne à Marengo, où il exerce en tant que vétérinaire rural. Cependant, les événements liés à l’indépendance le poussent à quitter l’Algérie dès la fin de l’année 1955. Il revint en France mais avec l’idée de travailler dans le domaine maritime. Il reprend contact avec l’école vétérinaire de Maison-Alfort, visant ainsi la spécialité Outre-Mer. C’est là qu’il apprend que le Ministère de la France d’Outre-Mer recherche, pour Tahiti, un spécialiste du repeuplement des lagons nacriers. Il se porte candidat et est reçu. Attendu à Tahiti au début de l’hiver austral, à la mi-juillet 1957, il met à profit les 12 mois qu’il a devant lui pour se perfectionner – se formant plus ou moins seul, en suivant des cours de biologie, courant les bibliothèques et musées – où il découvre les huîtres polynésiennes – et faisant de longs stages dans toutes les régions ostréicoles de France. Il apprend aussi à plonger – il passe son diplôme à l’Ecole de Plongée de la Marine Nationale de Saint-Mandrier – pendant l’été 1956. Enfin, il finance sur ses deniers personnels un voyage d’études au Japon, notamment pour se familiariser avec l’élevage des huîtres perlières. Il s’y rend en bateau en janvier 1957, s’adjoint les services d’un interprète et, jusqu’en juin, visite différentes fermes perlières. Il croise notamment la route d’un certain Joseph Lévy, un Français naturalisé américain, travaillant pour des fermes perlières de la compagnie Strong and Co, qui lui confie quelques centaines de nucléi fabriqués à partir de différentes espèces de mollusques d’eau douce du Mississippi (jusqu’en 1920-1930, les noyaux provenaient principalement d’huîtres chinoises du Yangtze). Grâce à son interprète, Domard a aussi le privilège de visiter les fermes dans la baie d’Ago, où se trouvait alors la plus grosse production perlière de la société Mikimoto.

Il arrive à Tahiti, via la Nouvelle-Calédonie, le 14 juillet 1957, le même jour que son épouse Edith et leur jeune fille Brigitte, venant de France sur le paquebot Le Tahitien.

Ce jeune « stagiaire de l’Administration française » – Domard ne passera fonctionnaire qu’un an après son arrivée, histoire de « faire ses preuves » – est désormais en mesure de remplir le contrat de sa mission.

L’aventure polynésienne de la famille Domard va durer 10 ans. Dix années durant lesquelles les paysages piscicole, perlicole, mais aussi agricole, vont durablement changer. Jean-Marie Domard est en effet à l’origine d’une réglementation des plans de pêche et d’une autre pour la période de plonge. Il crée des coopératives pour les pêcheurs de nacre et de poissons, de toutes pièces un service de la pêche auquel il a donné des dimensions insoupçonnées à l’origine. Il a créé dès son arrivée en 1957 l’école de plongée de Fare Ute, implanté un parc à huîtres comestibles à Taravao, installé une station frigorifique à Rangiroa, mené des essais couronnés de succès sur l’implantation de coquillages Troca ainsi que des burgos originaires de Vanuatu (alors Nouvelles-Hébrides). Chef du Service de l’élevage, des industries animales, de la nacre et des pêches en 1958, il fit importer des bœufs – 18 charolais et 12 charabray, (charolais d’Amérique) – et créa la station d’élevage de bovins à viande à Taravao, ainsi qu’une station laitière à Tahiti… Cette liste n’est pas exhaustive !

 

Mais surtout, comme l’écrivit un journaliste des Nouvelles de Tahiti le 19 août 1967 : « Si la perle polynésienne devient un jour mondialement réputée, Tahiti se souviendra que c’est grâce à Monsieur Jean-Marie Domard ».

 

Le 28 septembre 1994, année de la mort de Jean-Marie Domard, le Conseil des ministres manifeste le vif désir auprès de madame Edith Domard de pouvoir baptiser du nom de Jean Domard, récemment décédé, le Centre des Métiers de la Nacre et de la Perliculture de Rangiroa, créé en 1986. Ce qui fut fait.

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